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Lors de l’épidémie de Covid-19, l’Europe a agi envers les pays de la zone euro comme un bouclier pour éviter une crise de la dette souveraine qui avait secoué la zone après la crise des subprimes.

Le FMI estime que la dette grecque a augmenté de près de 22 points pour atteindre 200 % du PIB cette année, la dette italienne de près de 21 points pour atteindre 156 % et la dette espagnole de 18 points pour dépasser 113 %. La France, le Portugal et la Belgique seront également durement touchés. En revanche, l’Allemagne ne devrait augmenter sa dette que de 9 points, à 69 %, et les Pays-Bas de 10 points, à 58 %. L’Autriche, la Finlande, la Slovaquie et les États baltes connaîtront des augmentations similaires ou légèrement supérieures, mais à des niveaux bien inférieurs à ceux des États du sud.

Par exemple, au moment de la crise de 2011, la dette grecque représentait 172,1 % du PIB de ce pays, bien en dessous de son niveau d’endettement actuel. Cependant, aucun prêteur ne s’interroge sur la nécessité de rejeter les investissements en obligations grecques, car elles sont achetées directement par la BCE.

Cependant, si cet état de fait s’avère bénéfique à court terme pour les pays d’Europe du Sud, puisqu’il permet d’amortir les conséquences de l’épidémie, il a l’inconvénient d’accroître le fossé Nord-Sud.

Les pays du Nord dont le ratio d’endettement est plus faible pourront faire appel au marché pour augmenter les investissements nécessaires au renforcement de leur industrie et à sa modernisation afin de répondre aux exigences de la transition écologique et du développement durable. En particulier, les énergies renouvelables, les voitures électriques, les véhicules autonomes, l’industrie 4.0, les villes intelligentes, les réseaux intelligents…

La fracture Nord-Sud finira par entraîner un lent déclin économique des pays qui étaient à l’origine de l’Union européenne : la Grèce, l’Italie, l’Espagne et la France. Les disparités augmenteront le risque politique et le renforcement des courants nationalistes et eurosceptiques. Pourtant, une sortie de la zone euro, voire de l’Union européenne, en pensant qu’elle gagnerait en flexibilité et en compétitivité grâce à l’arme de la dévaluation, aggraverait en fait le problème : méfiance, taux élevés de rémunération du risque, faible prix des actifs industriels.

Les pays du Sud perdraient leur autonomie financière, leurs industries seraient des proies faciles pour renforcer les groupes du Nord, dont ils dépendraient à terme. Le résultat serait à l’opposé du résultat souhaité, c’est-à-dire une pseudo indépendance politique pour une plus grande dépendance économique.

La seule façon d’assurer la prospérité des peuples est de renforcer l’Europe et d’intensifier l’intégration européenne.

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